
Kinshasa, 2 octobre 2026 — Le Forum des droits humains (FDH) exprime sa vive préoccupation concernant la situation de Danny Nguba, responsable du magazine Empreinte, appartenant à la créatrice de contenus Denise Dusauchoy, dont la détention est rapportée depuis le 4 septembre 2026 au sein du Conseil national de sécurité (CNS) relevant de la Présidence de la République.
Plusieurs semaines après sa privation de liberté alléguée, les informations accessibles au public demeurent insuffisantes concernant les circonstances exactes de son arrestation, le fondement juridique de sa détention et les éventuelles charges qui seraient retenues contre lui.
Une situation qui appelle des explications
Le Forum des droits humains considère que toute privation de liberté doit être encadrée par la loi et accompagnée de garanties judiciaires effectives.
Lorsqu’une personne est détenue pendant une période prolongée dans le cadre d’une procédure relevant des services de sécurité, les autorités compétentes ont la responsabilité de clarifier publiquement, dans les limites imposées par la loi, les raisons de cette détention et les garanties dont bénéficie la personne concernée.
Le FDH demande notamment que soient clarifiés le lieu exact de détention de Danny Nguba en photo ci-bas, son statut procédural, les motifs juridiques de sa privation de liberté ainsi que les conditions dans lesquelles il peut exercer ses droits à la défense.

La liberté de la presse doit être protégée
Le Forum des droits humains rappelle que la liberté de la presse et la liberté d’expression constituent des piliers essentiels d’une société démocratique.
Les journalistes, rédacteurs, professionnels des médias et acteurs de l’information doivent pouvoir exercer leur profession sans subir de restrictions arbitraires, d’intimidations ou de représailles en raison de leurs activités professionnelles.
Toute restriction à ces libertés doit être fondée sur une base légale claire, poursuivre un objectif légitime et respecter les garanties prévues par le droit congolais et les instruments internationaux relatifs aux droits humains.
Le silence et l’opacité nourrissent les inquiétudes
Le maintien prolongé d’une personne en détention, sans communication publique suffisamment claire sur son statut, est susceptible de nourrir des interrogations légitimes au sein de l’opinion publique et de la communauté des défenseurs des droits humains.
Le FDH estime qu’une institution publique chargée de questions liées à la sécurité nationale doit également agir dans le strict respect de l’État de droit et des droits fondamentaux.
La sécurité nationale ne saurait constituer, à elle seule, une justification générale permettant de s’affranchir des garanties fondamentales reconnues à toute personne privée de liberté.
Le Forum des droits humains demande
- clarifier sans délai la situation juridique de Danny Nguba ;
- communiquer les motifs légaux de sa détention, dans le respect des exigences de la procédure ;
- garantir son accès à un avocat et à sa famille ;garantir son intégrité physique et psychologique ;
- veiller à ce que toute procédure engagée contre lui respecte pleinement les droits de la défense et les garanties d’un procès équitable ;
- mettre fin à toute restriction arbitraire visant les journalistes et professionnels des médias.
Un appel à la vigilance
Le Forum des droits humains appelle également les organisations professionnelles de journalistes, les organisations nationales de défense des droits humains, les partenaires internationaux de la République démocratique du Congo ainsi que les mécanismes compétents des Nations unies à suivre attentivement l’évolution de cette situation.
Le FDH poursuivra son travail de documentation et de monitoring des droits humains et restera attentif à toute évolution concernant Danny Nguba.
La liberté de la presse n’est pas un privilège. Elle constitue une garantie fondamentale de l’État de droit.
Forum des droits humains (FDH) Mission d’observation et de monitoring des droits de l’homme Kinshasa – République démocratique du Congo

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