
Forum des droits humains appelle à des mesures concrètes d’apaisement et à la création des conditions nécessaires à un véritable dialogue inclusif en République démocratique du Congo.
Dans un contexte national marqué par de profondes tensions politiques et sociales, le Forum des droits humains estime qu’un dialogue véritablement inclusif ne pourra être crédible et durable que s’il repose sur des mesures d’apaisement concrètes, notamment en matière de justice, de libertés publiques et de respect des droits fondamentaux.
À cet égard, la question des personnes détenues pour des raisons que leurs proches, leurs avocats ou différentes organisations considèrent comme liées à leurs opinions ou engagements politiques ne peut être éludée. La libération sans condition des prisonniers politiques dont les dossiers ne justifient pas légalement le maintien en détention devrait constituer l’un des premiers signes d’ouverture et d’apaisement.
Le Forum des droits humains appelle notamment à examiner avec diligence les situations de Nathanaël Onokomba, Clovis Mutsuva, Onassis Kavul, Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku, Kovo Ingila, ainsi que celles de toutes les autres personnes détenues dans des circonstances similaires. Pour les cas qui nécessiteraient encore une procédure judiciaire, l’exigence fondamentale demeure la même : un procès juste, indépendant, transparent et équitable, dans le strict respect des garanties de la défense et de la présomption d’innocence.
Le cas du colonel Yuss Buleya, détenu depuis plus d’un an sans jugement selon les informations portées à notre connaissance, illustre l’urgence de mettre fin aux détentions prolongées sans procès et de garantir à toute personne privée de liberté le droit d’être présentée devant une juridiction compétente dans un délai raisonnable.
Le retour des exilés politiques
Un autre élément essentiel de l’apaisement demeure la question du retour des exilés politiques. Le Forum des droits humains encourage la mise en place de garanties permettant aux Congolais contraints à l’exil de regagner leur pays dans des conditions de sécurité, de dignité et de respect de leurs droits fondamentaux.
Un dialogue qui prétend réunir l’ensemble des sensibilités politiques et sociales ne peut être pleinement inclusif si certains acteurs sont contraints à l’exil, si d’autres demeurent en détention ou si la peur des représailles continue de peser sur la participation publique.
Pour un dialogue qui rassemble, et non qui exclut
Le Forum des droits humains considère que le dialogue national ne doit pas être conçu comme un simple exercice politique, mais comme un espace de recherche collective de solutions à la crise, de restauration de la confiance et de consolidation de la paix.
La libération des personnes détenues arbitrairement, la garantie de procès équitables, le retour sécurisé des exilés politiques et le respect des libertés publiques constitueraient des signes forts d’apaisement susceptibles de créer un climat propice à la participation de toutes les parties prenantes.
Sans ces gestes de confiance, il sera difficile de parvenir à un dialogue véritablement inclusif capable de réunir l’ensemble des acteurs et des parties prenantes au conflit politique et institutionnel que traverse la République démocratique du Congo.
Le Forum des droits humains (FDH) réaffirme son attachement aux principes de démocratie, de justice, de paix, de dignité humaine et de respect des droits fondamentaux. Nous appelons toutes les parties à privilégier la voie du dialogue, de la justice et de la réconciliation et le respect de la constitution dans l’intérêt supérieur de la nation et de son peuple.

Centre pénitentiaire de Makala à Kinshasa
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