
L’activiste Clovis Mutsuva en détention
Le Forum des droits humains (FDH) exprime sa profonde préoccupation et condamne avec la plus grande fermeté la détention de Clovis Mutsuva, membre du mouvement citoyen LUCHA, arrêté après avoir dénoncé publiquement l’impuissance des autorités militaires face aux massacres perpétrés par les rebelles des ADF contre les populations civiles des territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu.
Dans un État de droit, dénoncer des violations des droits humains, interpeller les autorités sur leur responsabilité de protéger les citoyens et réclamer des mesures efficaces contre l’insécurité ne constituent en aucun cas une infraction. La liberté d’expression est un droit fondamental garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que par les instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains.
Le FDH considère que cette arrestation s’inscrit dans une dynamique inquiétante de répression visant les défenseurs des droits humains et les activistes pro-démocratie qui osent dénoncer les défaillances des pouvoirs publics. Une telle pratique porte gravement atteinte aux libertés fondamentales et contribue à instaurer un climat de peur incompatible avec les principes démocratiques.
Le Forum des droits humains exige la libération immédiate et inconditionnelle de Clovis Mutsuva et appelle les autorités congolaises à mettre fin aux intimidations, arrestations arbitraires et poursuites abusives contre les défenseurs des droits humains et les acteurs de la société civile.Le FDH invite également les partenaires internationaux, les mécanismes régionaux africains et les Nations Unies à suivre de près cette affaire et à rappeler aux autorités congolaises leurs obligations en matière de protection des libertés publiques et des défenseurs des droits humains.
Au lieu de réduire au silence ceux qui dénoncent les massacres, les autorités doivent concentrer tous leurs efforts sur la protection des populations civiles et la lutte efficace contre les groupes armés responsables des atrocités qui endeuillent quotidiennement les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu.
Le silence face aux massacres ne peut jamais être imposé par la répression. La défense des droits humains n’est pas un crime.

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